Quel permis pour une montgolfière ?

Vous montez à bord d’une nacelle, le brûleur crache une flamme au-dessus de votre tête, et le ballon s’élève doucement. Le pilote, lui, a dû passer un vrai brevet aéronautique pour vous emmener là-haut. Piloter une montgolfière ne relève pas du permis de conduire classique : c’est une licence d’aviation, délivrée sous l’autorité de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

Licence BPL : le permis qui autorise le pilotage d’une montgolfière

Le document qui permet de piloter un ballon libre s’appelle la licence de pilote de ballon libre (BPL). Cette licence, harmonisée à l’échelle européenne par l’EASA, remplace les anciens brevets nationaux. Elle est reconnue dans tous les pays membres.

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Concrètement, la BPL est au pilote de montgolfière ce que la PPL est au pilote d’avion de loisir. Elle atteste que son titulaire sait gonfler, décoller, naviguer avec les couches de vent et poser un ballon en sécurité.

Vous avez déjà remarqué qu’une montgolfière n’a ni moteur ni gouvernail ? Le pilote joue uniquement sur l’altitude en chauffant l’air dans l’enveloppe ou en le laissant refroidir. Les différentes couches atmosphériques soufflent dans des directions variées : c’est en montant ou en descendant que le commandant de bord choisit sa trajectoire. La licence valide cette compétence très particulière.

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Étudiante en aéronautique préparant son brevet de pilote de montgolfière dans un bureau de formation aéronautique

Formation au brevet de pilote de montgolfière : ce qui vous attend au sol et en vol

La formation se déroule dans un organisme déclaré auprès de la DGAC, appelé DTO (Declared Training Organisation). Elle ressemble, dans sa logique, au permis de conduire : une partie théorique et une partie pratique, chacune sanctionnée par un examen.

Partie théorique : les règles de l’air et la météo

Les cours au sol couvrent la réglementation aérienne, la météorologie, la navigation et les principes de vol. L’examen théorique se passe sous forme de QCM, un peu comme le code de la route.

Un volet encore peu détaillé dans la plupart des formations en ligne prend de l’importance : la gestion des menaces et des erreurs (TEM). Sous l’impulsion de l’EASA, les cursus intègrent désormais des modules spécifiques aux risques propres au ballon, comme les vents de cisaillement, les obstacles en approche ou la fatigue liée à la chaleur du brûleur.

Partie pratique : du gonflage au vol solo

Le minimum réglementaire de la formation pratique comprend :

  • 16 heures d’instruction en vol, dont 12 heures en double commande avec un instructeur qualifié
  • Au moins 10 gonflages et 20 décollages et atterrissages
  • Un vol solo supervisé d’une durée minimale de 30 minutes

La durée totale varie selon la progression de l’élève. Certains bouclent le cursus en quelques semaines intensives, d’autres étalent la formation sur plusieurs mois en fonction de la météo et de leurs disponibilités.

À l’issue de la formation, un examinateur évalue le candidat lors d’un test en vol. Ce test comporte aussi une épreuve de radiotéléphonie et des épreuves au sol.

Conditions d’accès et visite médicale aéronautique

Avant même de commencer la formation, deux conditions s’imposent. La première : les élèves pilotes sont acceptés à partir de 14 ans. La seconde : passer une visite médicale auprès d’un médecin agréé par l’aviation civile. Ce certificat médical de classe 2 vérifie l’aptitude visuelle, auditive et cardiovasculaire.

Pas besoin de diplôme particulier ni de condition physique exceptionnelle. Le pilotage d’un ballon demande toutefois de la rigueur, un bon sens de l’observation et une capacité à prendre des décisions rapides quand le vent change.

Qualification de groupe et vol commercial de passagers

La licence BPL de base permet de voler seul ou avec des passagers dans un cadre privé. Pourquoi alors certains pilotes affichent-ils des qualifications supplémentaires ?

Chaque ballon appartient à un groupe défini par le volume de son enveloppe. La qualification de groupe autorise le pilote à voler sur une catégorie de ballon précise. Passer d’un petit ballon biplace à une montgolfière transportant une dizaine de passagers exige une formation complémentaire et une qualification de groupe supérieure.

Pour les vols commerciaux (baptêmes de l’air touristiques, par exemple), la réglementation européenne impose un cadre bien plus strict. Ces activités relèvent des opérations commerciales spécialisées (SpA BAL). Le pilote doit disposer d’un manuel d’exploitation, d’un système de gestion des risques et justifier d’un suivi régulier de ses compétences. La différence entre un vol loisir et un vol commercial est nette sur le plan administratif.

Équipe au sol gonflant une montgolfière colorée dans un champ avec documents officiels visibles sur le panier

Maintien de la licence de pilote de ballon libre

Obtenir la licence ne suffit pas : il faut la maintenir active. Le pilote doit justifier d’un nombre minimal de vols sur une période donnée pour conserver ses privilèges. Faute de vols récents, un vol d’entraînement avec un instructeur peut être exigé avant de reprendre les commandes.

Le certificat médical doit aussi être renouvelé périodiquement. La fréquence de renouvellement dépend de l’âge du pilote.

Ce système de maintien garantit que chaque pilote reste compétent et médicalement apte tout au long de sa carrière, qu’elle soit amateur ou professionnelle.

L’aérostation reste l’une des formes de vol les plus accessibles en termes de formation initiale. La licence BPL ouvre la porte du ciel à ceux qui acceptent de naviguer sans autre moteur que la chaleur d’une flamme et sans autre cap que celui dicté par le vent. Le cadre réglementaire, lui, s’est renforcé ces dernières années, notamment pour les pilotes qui transportent des passagers à titre commercial.

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